France Inter invite le créateur de la ligue du LOL Vincent Glad qui n’assume rien ou presque

Alors que la radio de service public vient d’être accusé par Mediapart de sexisme pour son émission Le Masque et la Plume, France Inter a décidé d’inviter ce 26/2/2020 dans l’Instant M Vincent Glad, créateur de la ligue du LOL, pour une interview très gênante visant clairement à le réhabiliter :

France Inter a donc décidé de donner longuement la parole à ce journaliste affiché de gauche, certains diront même d’extrême-gauche, pour qu’il puisse se défendre des attaques qui ont été portées (le plus souvent à juste titre) contre lui. Il avait d’ailleurs reconnu publiquement sa responsabilité en 2019 lors de l’affaire.

La même radio n’avait pas eu les mêmes égards vis-à-vis de Fabrice le Quintrec, pourtant salarié de France inter, et viré comme un malpropre pour avoir fait son travail de journaliste. Il avait le tort de ne pas être de gauche. Bref, à France Inter on pardonne mais à condition que vous soyez de gauche. Sur une radio de service public, financée par tous les Français quelles que soient leurs opinions politiques, ce n’est pas normal.

Le moins qu’on puisse dire c’est que Vincent Glad n’a pas été mis sur le grill par la journaliste Sonia Devillers (qui commet par ailleurs régulièrement des erreurs à l’antenne) qui cachera difficilement sa sympathie pour son invité (rires et sourires fréquents).

A 2 min 30 Vincent Glad peut ainsi déclarer sans être contredit : « Le sens de ma démarche, ce n’est pas de revenir pour me faire innocenter. Je ne suis accusé de rien, formellement. »

Or on apprenait dans la presse le 7 février 2020 : «  »Ligue du LOL » : une enquête pour « harcèlement » ouverte depuis près d’un an par le parquet de Paris. […]
L’enquête, confiée à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP), doit faire la lumière sur des comportements et propos sexistes sur internet de la part de journalistes et de communicants dans les années 2010.
Parmi les membres de cette « Ligue du LOL » figurent notamment deux anciens journalistes de Libération, ou encore un ancien rédacteur en chef web des Inrocks. Vincent Glad et Alexandre Hervaud, notamment, ont été licenciés après cette affaire et contestent cette décision devant le conseil des prud’hommes de Paris. »

Il faudra attendre 6 min 24 pour que la journaliste rappelle qu’une enquête judiciaire avait été ouverte, ce à quoi Vincent Glad répondra : « Personne n’en a entendu parler de cette enquête. »

A 3 min 20 il déclare, sans être repris par la journaliste : « Il faut comprendre qu’on est des pionniers d’internet, en tout cas de Twitter. Twitter arrive en 2008 en France à peu près. Et donc on a un nouveau réseau, un nouveau terrain de jeu, et on est en train de définir les codes. Vous comprenez bien que quand il n’y a pas de règles, il faut les définir. »

Or les règles sur Internet sont les mêmes depuis 1995, à savoir que le harcèlement en ligne est à proscrire, même si le délit de cyberharcèlement date de 2014. L’arrivée de Twiter n’y change rien. Vincent Glad essaie de créer l’idée que Twitter en 2010 aurait été un espace en dehors de la réalité, pour mieux justifier ses pratiques de l’époque. Par ailleurs la ligue du LOL a commis ses méfaits jusqu’en 2013.

A 6 min 45 Vincent Glad déclare : « Jusqu’à la fin de mes jours, je serai coupable d’avoir soi-disant harcelé des gens. »

Tout est dans le « soi-disant ». Il ne reconnaît donc pas avoir harcelé des gens, malgré toutes les preuves qui existent du contraire, et ses propres aveux. Et Sonia Devillers ne relèvera pas cette énormité.

A 9 min Vincent Glad déclare : « On s’est mis dans un système un peu malsain où on n’osait même pas dire qu’on était moqué, harcelé. Le mot n’existait pas à l’époque. »

Là-aussi tout est dans le « un peu ». Et le mot « harcelé » existait déjà à l’époque, Vincent Glad, et Sonia Devillers aurait dû vous le rappeler.

A 11 min 35 il déclare : « Oui il y a des cas, plusieurs fois en privé, on leur a dit « tu le sais très bien, tu as effacé ton tweet après une heure. »

La journaliste aurait pu lui rappeler à ce moment-là que beaucoup de tweets ont été effacé par les auteurs des harcèlements en ligne : « Le 20 mai 2019, alors qu’aucune plainte n’a encore été déposée contre la Ligue du LOL, l’association féministe « Prenons la une » adresse un signalement au procureur de Paris pour qu’il ouvre une enquête. L’association souhaite que « la suppression de nombreux messages sur les réseaux sociaux, à la suite de la révélation de l’affaire, soit étudiée, afin de savoir si cela constitue une nouvelle infraction d’entrave à la saisine de la justice ». Selon l’association, une enquête permettrait de « récupérer un certain nombre d’éléments qui ont été effacés ». « 

Elle attendra deux minutes pour le lui rappeler, à 13 min 35.

Conclusion : difficile de ne pas être très mal à l’aise en écoutant cette émission, et la manière dont Sonia Devillers a malgré tout déroulé le tapis rouge à son invité, ne serait-ce qu’en l’invitant seul pendant 20 minutes, sans le mettre réellement au pied du mur et sans relever ses fake news les plus grossières.



Catégories :France Inter, Sonia Devillers, Vincent Glad

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