Eric Zemmour affirme que le général de Gaulle n’a pas un mot dans ses mémoires de guerre sur l’extermination des juifs. Fake news !

Le 13/2/2020 Cnews invitait l’éditeur de Gabriel Matzneff, Denis Tillinac, et le faisait débattre avec Eric Zemmour :

A 11 min 41, Eric Zemmour : « N’idéalisons pas Londres. Ils ne disent rien lors de la rafle du Vel d’Hiv. Et le Général de Gaulle n’a pas un mot dans ses mémoires de guerre sur l’extermination des juifs. Pas un mot Denis. »

Or la Fondation Charles de Gaulle rappelle les faits : « Pendant la guerre comme dans les Mémoires de guerre, le général de Gaulle a bien condamné les « honteuses horreurs de la persécution juive ». […]
Dans le grand jeu de massacre aux allures de déballage nauséeux auquel on assiste depuis quelques mois, on attendait, non sans inquiétude, le tour du général de Gaulle. Nous y voilà ! Dans Le Monde du 14 décembre 2003, M. Bernard Poignant, député européen d’obédience socialiste, écrit que le Général n’a jamais exprimé sa compassion pour Auschwitz. Il est mal informé. Certes, le nom d’Auschwitz ne figure pas dans les Mémoires de guerre (alors que Buchenwald fait l’objet de trois mention et Ravensbrück d’une), mais M. Poignant oublie de citer les admirables lignes inscrites par de Gaulle sur le livre d’or du camp d’Auschwitz, le 8 septembre 1967 : « Quel dégoût ! Quelle tristesse ! Quelle pitié ! Et, malgré tous, quelle espérance humaine ! ». Jean d’Escrienne, témoin de la scène, raconte qu’il l’entendit ensuite expliquer à un Polonais de la suite officielle que « toute espérance n’était pas morte et avait fini par triompher à Auschwitz, puisque le cauchemar avait pris fin et que les responsables de tant de crimes avaient été vaincus » (De Gaulle de loin et de près).
On rappellera en outre que, dans le tome II des Mémoires de guerre, il est fait mention par trois fois de « la persécution des Juifs » (pp. 37 et 89) et des « honteuses horreurs de la persécution juive (p. 170) et que, d’autre part, toute son action depuis le 18 juin 1940 n’a cessé de témoigner d’une hostilité absolue à toute forme de racisme, au nom de « cette civilisation née dans l’occident de l’Europe », dont il parlait dans son discours d’Oxford, le 25 novembre 1941, et aussi des droits imprescriptibles de tout être humain à la dignité et à l’égalité dont il s’est régulièrement réclamé dans ses discours de guerre. »



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