Christophe Girard répond maladroitement sur Gabriel Matzneff, le Parisien joue son jeu.

Christophe Girard a enfin pris la parole dans un grand média au sujet des accusations portées à son encontre par l’Express, Paris Match, L’Opinion et plus récemment le New York Times (et Fake News France bien sûr). Le Parisien n’avait pas parlé de la proximité de Christophe Girard et de Gabriel Matzneff jusque là, alors que c’est son travail (Christophe Girard est adjoint au maire de Paris). Dans une interview complaisante de Céline Carez parue ce 13/2/2020, il répond aux accusations.

Comme la carrière de Christophe Girard peut s’y jouer, ce genre d’interview exclusive est négociée, et le média s’engage généralement à ne pas être mordant pour décrocher l’entretien. C’est exactement ce qu’on ressent à sa lecture.

Alors qu’aucune contradiction n’est apportée par la journaliste, Girard se contredit : « Je n’ai lu aucun livre de Gabriel Matzneff, sauf « la Prunelle de mes yeux », et seulement partiellement. Et je n’ai pas l’intention de les relire. Mais j’ai presque tous ses livres. Il me les a offerts. Aujourd’hui, ils sont dans ma bibliothèque à la campagne. « La Prunelle de mes yeux », il me l’a dédicacé pour me remercier du soutien. J’ai trouvé ça gentil. »

Or on relit… ce qu’on a déjà lu. Et avoir des livres ouvertement pédocriminels dans sa bibliothèque ne le dérange pas apparemment. Que dit la loi à ce sujet ? Elle condamne en tout cas ceux qui ont des photos et des films pédopornographiques chez eux ou dans leur PC.
De même, le fait de se voir dédicacer un livre ouvertement pédo-criminel lui paraît « gentil ». Vanessa Springora appréciera.

Juste avant ce passage, une photo illustre l’article, où l’on voit Christophe Girard en compagnie de Gabriel Matzneff :

Problème, cette photo est coupée, pour ne pas montrer que Christophe Girard tient amicalement Gabriel Matzneff par le bras, et que ce dernier tient dans ses mains un livre… de Christophe Girard. Nous avions reproduit la photo intégrale ici, nous la reproduisons à nouveau :

C’est le livre « Perdre la Paix » de Christophe Girard (2015) que Gabriel Matzneff tient dans ses mains :

Avant cela Christophe Girard venait de déclarer : « Ce n’est pas un ami proche, c’est une relation amicale. J’ai dû dîner trois ou quatre fois avec lui en trente ans. Il dit que je suis l’un de ses meilleurs amis. C’est un peu excessif.« 

Or dans son Journal de 2013 – 2016, Gabriel Matzneff écrivait : « Lundi 25 avril 2016, au Bouledogue où je dîne avec Christophe Girard. Quand il était auprès d’Yves Saint Laurent et de Pierre Bergé, nous nous voyions souvent. Depuis son entrée en politique, c’est plus rare. »

La journaliste pose ensuite une question très bizarre : « Matzneff nous a-t-il manipulés? »

J’ai dû relire plusieurs fois pour être sûr de ce qui était écrit. Qui est ce « nous » ? Inclut-il la journaliste ? La rédaction du Parisien ? L’élite parisienne ? A moins qu’il ne s’agisse d’une coquille, « nous » au lieu de « vous » ?

Tout cela est très bizarre, surtout sur un sujet pareil, on fait attention à ce qu’on écrit. Mais ce n’est pas fini.

Quand Christophe Girard dit : « On ne l’a pas soutenu parce qu’il était pédophile, mais parce que c’était un écrivain en difficulté », la journaliste aurait dû lui dire qu’à l’époque tout le monde savait qu’il était pédophile, que lui-même ne s’en cachait pas, qu’il l’écrivait dans ses livres, et par conséquent vous aviez conscience d’aider un pédophile. Mais elle ne dira rien à ce sujet comme sur le reste.

Christophe Girard, acculé, est obligé d’en faire des tonnes sur Yves Saint Laurent : « La pédophilie, c’est quelque chose qui répugnait Yves Saint Laurent. « 

Nous ne nous étendrons pas ici sur le sujet de la Vilaine Lulu, cette BD ignoble d’Yves Saint-Laurent parue en 1967, rééditée de nombreuses fois et présentée comme « humoristique », « drôle » et « impertinente » par son auteur (nous laissons le lecteur faire ses recherches et tirer ses propres conclusions).

Planche de la Vilaine Lulu, d’Yves Saint Laurent, 1967

Par ailleurs Libération écrivait dans un article le 7/11/2017 à propos de l’auteur de l’ouvrage “Saint Laurent et moi : une histoire intime” : « Fabrice Thomas relate une scène de pédophilie impliquant l’intendant de la villa du Jardin Majorelle, propriété d’Yves Saint Laurent et Pierre Bergé à Marrakech. Fabrice Thomas écrit un dialogue durant lequel il se serait ému des faits se déroulant sous ses yeux  : “Mais là, ça se passe chez toi ! C’est un de tes employés qui fait ça avec un gamin…” Réponse de Saint-Laurent : “Pas chez moi, non. Le Jardin Majorelle est public.” « 

Pas un mot de tout ça dans l’interview du Parisien, la journaliste était aux abonnés absents.

En tout cas ce n’est pas avec ce genre d’interview complaisante, ou avec le communiqué nonchalant et partiel que Christophe Girard avait publié la veille sur son compte twitter, qu’il va convaincre qui que ce soit :

Sous le communiqué, les commentaires condamnent quasiment unanimement :



Catégories :Céline Carez, Inédit, Le Parisien

2 réponses

Rétroliens

  1. Audrey Pulvar, comme Anne Hidalgo, ne dénonce pas Christophe Girard, membre de son équipe de campagne – Fake News France
  2. Les copains de Matzneff continuent à pérorer sur les plateaux télé pour parler de sexe – Fake News France
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