Nicolas Baverez dédouane les grands médias de leurs fake news et charge les réseaux sociaux

C’est un refrain désormais connu dans les grands médias, la vérité s’y trouve et le mensonge est uniquement dans les réseaux sociaux. Rien de plus faux, comme notre site le démontre, qui référence en un peu plus de 4 mois plus de 2500 fake news dans les grands médias.

C’est pourtant ce refrain qu’a entonné Nicolas Baverez invité ce 4/2/2020 d’Anne-Elisabeth Lemoine dans C à vous (une des émissions qui produit le plus de fake news d’après nous), pour parler de démocratie et de vérité :

Et cela ne vous étonnera pas, il a diffusé lui-même des fake news dans son interview (en plus de celle-ci bien sûr), illustrant ainsi l’inanité de son raisonnement pro-grands médias.

A 1 min 30 : « C’est le règne, ce qu’on a vu avec les réseaux sociaux, le règne d’une information qui n’est pas vérifiée, qui n’est pas validée. »

Non seulement les grands médias produisent des quantités énormes de fake news, mais en plus ils sont payés pour ça (contrairement aux réseaux sociaux) et ils lui donnent la diffusion massive (notamment les JT) et la crédibilité propre aux grands médias, crédibilité que n’ont pas les réseaux sociaux. Les gens sont donc moins manipulés par les réseaux sociaux que par les grands médias.

A 2 min 35 : « Les journaux qui suivent les tweets et les annonces de Donald Trump ont montré que dans plus de 20 000 cas il a exprimé des choses qui n’avaient aucun rapport avec le réel. »

D’une part la dernière étude en date du Washington Post sur le sujet (puisque c’est de ce journal dont il s’agit, et pas de plusieurs journaux comme le dit Nicolas Baverez) le 19/1/2020 parle de 16 241 fake news et non de plus de 20 000.

D’autre part ce chiffre a été largement mis en cause dans la presse américaine, notamment dans cet article qui reconnaît seulement un mensonge sur quatre pointés du doigt par le Washington Post, opposant politique à Donald Trump par ailleurs. Ainsi des faits exacts apparaissent parmi les « fake news » du Washington Post, comme par exemple le nombre d’emplois créés sous la présidence Trump. L’équipe de fact-checking du Washington Post reconnaît d’ailleurs avoir considéré comme « faux » des déclarations factuellement exactes, mais dont ils estimaient qu’il manquait un contexte approprié.

A 4 minutes : « Le krach de 2008 était un krach du capitalisme. »

Or cet article montre bien qu’il n’en est rien : « Est-ce la déréglementation financière qui a mené à la faillite du marché ? Pas du tout, et voilà pourquoi. […]
En fait, on pourrait dire que la règlementation des banques a plutôt augmenté dans les années 1990 et 2000. […]
Le cœur du problème est la politique monétaire et la structure anti-capitaliste du système bancaire. Entre le 1er janvier 2001 et le 31 décembre 2007, la masse monétaire (M2) a crû de 51,4 % soit de 6,1 % par année alors qu’au cours de cette période, la croissance moyenne du PIB réel n’a été que de 2,4 %. La Federal Reserve a orchestré une baisse massive des taux d’intérêt, qui a stimulé l’endettement et engendré d’énormes distorsions dans l’économie… et pas seulement dans le prix des maisons garantissant des hypothèques subprimes, mais bien dans presque tous les actifs, incluant l’immobilier commercial, la bourse, l’énergie, les métaux, etc.
C’est ce boum de crédit qui a engendré cette bulle, tout comme pratiquement toutes les bulles de l’histoire de l’humanité. C’est ça la cause sous-jacente. Et cette bulle n’était pas seulement immobilière, elle était généralisée, comme celle qui a implosé en 1929. »

A la 13ème minute Patrick Cohen dit pourtant à Nicolas Baverez qu’il est de tradition libérale…

11ème minute : il oublie la démocratie directe voulue par les Gilets Jaunes (RIC) en ne parlant que de l’alternative entre la démocratie représentative et le plébiscite de Napoléon III (que n’ont jamais demandé les gilets jaunes mais dont il fait comprendre qu’ils la voudraient).

Aucune de ces fake news ne sera relevées ni remise en cause par Philippe Cohen.



Catégories :Anne-Elisabeth Lemoine, France 5, Inédit, Nicolas Baverez, Patrick Cohen

3 réponses

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