Malaise quand Christophe Girard, ami de Gabriel Matzneff, ose dire du bien du livre de Vanessa Springora sur le plateau de Pascal Praud

Malaise en regardant l’émission L’heure des pros présenté par Pascal Praud le 30/1/2020 sur Cnews, avec notamment comme invité Christophe Girard :

A la 14ème minute, alors que personne ne lui demande de parler de l’affaire Matzneff, il ne peut s’empêcher de déclarer : « J’ai plutôt le sentiment d’un respect immense pour ces femmes qui ont dû attendre ou travailler sur elles-mêmes si longtemps, comme Vanessa Springora, le livre qu’elle a écrit est un livre universel, le propos est universel. »

Personne sur le plateau (certainement pas Pascal Praud qui faisait encore l’éloge publique de Gabriel Matzneff fin 2018) pour lui rappeler qu’il est un ami de Gabriel Matzneff, qui l’a protégé et soutenu toutes ces années, et dont des photos circulent avec lui datant de 2019 comme celle-ci :

Pire, on apprend dans cet article récent de l’Express l’impensable : « Le tome de son Journal qui relate sa relation avec Vanessa Springora, La Prunelle de mes yeux (Gallimard) est d’ailleurs dédié à Christophe Girard, actuel adjoint à la culture du maire de Paris et à l’époque directeur général d’Yves Saint-Laurent. « Le collaborateur d’Yves Saint-Laurent, ce charmant Christophe Girard que j’ai vu l’autre jour m’a appelé ce matin pour m’annoncer que leur Fondation allait désormais prendre en charge ma note d’hôtel », écrit Matzneff dans son Journal. Il s’agit de l’hôtel de Taranne, dans lequel Matzneff donne rendez-vous à la jeune Vanessa pendant des semaines. Son collège se situe au bout de la rue… »

Et dans un article de Paris Match du 4/1/2020 on apprenait que ce soutien n’avait pas cessé depuis : « Le président du CNL révèle qu’en 2002, Gabriel Matzneff s’est vu refuser une demande pour une bourse d’écriture car les écrivains retraités n’y avaient pas droit. L’auteur a alors «remué ciel et terre pour faire pression sur le CNL, du président du CNL, Jean-Sébastien Dupuis, au ministre de la Culture Jean-Jacques Aillagon, en passant par Christophe Girard (aujourd’hui adjoint à la maire de Paris en charge de la Culture, ndlr) et d’autres, des personnalités importantes, membres de l’Académie française ou prix Goncourt, qui sont intervenus en sa faveur». «Au final, la pression a été telle qu’il a obtenu cette allocation», indique Vincent Monadé. »

Bref, toujours le même bal des tartuffes, comme disait Ariane Chemin, et personne pour le dénoncer. Dans un pays avec un minimum de valeurs morales, ces propos de Christophe Girard auraient déclenché une polémique nationale, sachant qu’il est l’actuel adjoint à la culture du maire de Paris et qu’il participe à la campagne des municipales à Paris avec Anne Hidalgo (ainsi qu’il était présenté au début de l’émission). Vanessa Springora aurait été contactée par la presse pour une réaction à ces propos odieux. On ne comprend même pas que des gens acceptent de s’asseoir à côté de lui sur un plateau télé.

Mise à jour 12/2/2020 : le New York Times vient de publier un long papier en français sur l’affaire Matzneff, dans lequel le rôle de Christophe Girard est mentionné : « Puis, cherchant un abri plus sûr, M. Matzneff et l’adolescente s’installèrent à l’hôtel. M. Matzneff explique que les factures de ce dernier étaient réglées par Yves Saint Laurent, le couturier décédé en 2008, par l’entremise d’un de ses collaborateurs proches, Christophe Girard. L’arrangement lui avait permis de se remettre d’une opération de l’œil, et d’ « échapper aux visites de la Brigades des mineurs (qu’il appelle des “persécutions”), » écrit Mme. Springora.
M. Matzneff se rappelle de M. Girard lui disant, « Nous nous occupons de tout, les repas, tout. » Il précise: «et ça a duré je crois, deux ans, à peu près. »
« Pour nous, c’est une goutte d’eau, ce n’est rien, nous vous aimons beaucoup, » lui avait dit M. Girard, toujours d’après M. Matzneff. M. Girard a refusé de nous accorder un entretien pour cet article. »

Le New York Times rappelle également qu’en tant qu’adjoint à la culture du maire de Paris en 2002, poste qu’il occupe encore actuellement, il « fit pression pour que M. Matzneff obtienne une allocation annuelle à vie du Centre National du Livre, un privilège rarement attribué ».



Catégories :Christophe Girard, Cnews, Pascal Praud

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