Toutes les fake news de l’interview de Thomas Piketty sur France Inter

Ce 9/11/2019 Thomas Piketty était l’invité de France Inter dans l’émission On n’arrête pas l’éco :

A 7 min 20 : « Il n’y a pas de véritable redistribution agraire au moment de la Révolution française. »

Or le site des annales historiques de la Révolution française indique que :  » Les mesures prises par les révolutionnaires et les conditions auxquelles ils furent confrontés provoquèrent des redistributions de richesses brutales et inédites dans un milieu rural habituellement considéré comme immuable. Certaines de ces redistributions sont bien repérées, d’autres sont nettement plus discrètes et cet article a pour projet de les répertorier et d’en mesurer l’ampleur. Il montre que les changements instillés dans les campagnes furent fort inégaux dans l’espace, moins spectaculaires qu’on pouvait l’escompter, mais que leur accumulation produisit une société nouvelle, dont les membres connurent des sorts différents selon la place qu’on leur assigne dans les processus de redistribution. « 

A 13 min (en parlant de la réduction des inégalités) : « C’est effectivement au 20ème siècle, en gros des années 1900-1910 avec les premières lois sociales, les premiers systèmes de retraite, jusqu’aux années 70-80… […] c’est tout ça qui a permis la réduction des inégalités et la prospérité. »

La Croix rappelle les grandes dates de l’histoire du droit du travail :
« 1841. Une loi interdit le travail des enfants de moins de huit ans, limite la journée de travail à huit heures pour les 8-12 ans et à douze heures pour les 12-16 ans. Le travail de nuit (de 9 heures du soir à 5 heures du matin) est interdit aux moins de 13 ans, et pour les plus âgés, deux heures comptent pour trois.
1864. Une loi autorise les coalitions. La grève est désormais tolérée.
1884. La loi dite « Waldeck-Rousseau » instaure la liberté syndicale.
1892. Une loi limite et réglemente le travail des femmes et des enfants et créé le corps des inspecteurs du travail.
1898. La loi sur les accidents du travail établit le principe de la responsabilité patronale. »

A 14 min 10 la journaliste Alexandra Bensaid dit cette énormité : « Au 20ème, on a cette grande expérience quand même politique, économique et sociale, c’est le communisme. »

Personne ne relève sur le plateau. Grande expérience ? Dans le nombre de morts sans doute (100 millions), mais à part ça je ne vois pas. Que dirait-on d’une journaliste qui dirait « Au 20ème, on a cette grande expérience quand même politique, économique et sociale, c’est le nazisme. » ?

Puis elle donne la parole à un autre journaliste, Ludovic Piedtenu, qui va donner une autre fake news depuis Berlin (à 15 min 35) : « Cet homme attrape un récent numéro de l’hebdomadaire Die Zeit, 30 visages en une, ceux du Dax 30, les plus grandes entreprises d’Allemagne, que des hommes. »

Or à la tête de SAP, qui fait partie du Dax 30, depuis le 11 octobre 2019 (donc près d’un mois), un homme a tiré sa révérence et un tandem  » formé par Jennifer Morgan, 48 ans, et Christian Klein, 39 ans, lui succède. » source

Le tandem répondait à une interview de la télévision américaine le jour de leur nomination :

De 30 min 45 à 33 min, sa description de l’échec suédois (dû au socialisme) est présenté à l’inverse comme un échec du capitalisme. « Ils ont supprimé l’impôt sur les successions, ce qui est quand même très étonnant » dit-il par exemple.
Or dans cet article du journal en ligne libéral Contrepoints, il est démontré que c’est le contraire de ce que prétend Piketty : « La Suède, confrontée à la faillite de la social-démocratie, a pris des réformes de fond, d’inspiration libérale, qui ont donné d’excellents résultats. »

D’autres fake news du nouveau livre de Piketty se trouvent dans cet article de Jean-Philippe Delsol de l’IREF.



Catégories :Alexandra Bensaid, France Inter, Inédit, Ludovic Piedtenu, Thomas Piketty

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