Quand Fabrice le Quintrec se faisait virer de France Inter pour avoir cité Présent dans une revue de presse

« Vendredi, 7 Août, 1998
France-Inter réagit à la revue de presse de Le Quintrec.
Pierre Billaud, reporter, devrait assurer la revue de presse de France-Inter, à 8 h 30, jusqu’à la rentrée, succédant ainsi à Fabrice Le Quintrec, remercié après trois jours de remplacement controversés, a-t-on appris hier auprès de la station publique. La revue de presse de Le Quintrec n’était pas ce qu’on pouvait attendre du service public, a estimé Patrice Bertin, chef des informations de France-Inter. L’été dernier, dans une intervention qui lui avait coûté son émission, l’animateur François Jouffa avait vivement dénoncé à l’antenne la sympathie « notoire » pour le Front national de Fabrice Le Quintrec. Ce dernier, lors de ses revues de presse, cite effectivement volontiers les journaux d’extrême droite. Et, ces derniers jours, il avait encore cité « Présent », feuille de propagande du FN. « Ce choix de remplacement était une erreur de casting », a confié Patrice Bertin. Il a considéré qu’il n’y avait pas « d’affaire de la revue de presse sur Inter », reconnaissant toutefois l’existence d’un « risque de voir une affaire éclater » en cas de maintien de Le Quintrec à la revue de presse.
La réputation de France-Inter s’appuie fortement sur la qualité de sa revue de presse, a rappelé le chef des informations de la radio publique. A la rentrée, c’est Pascale Clark qui succédera à Nicolas Poincaré, qui retourne à France-Info à sa demande. (Voir aussi page 3.) » https://www.humanite.fr/node/188836

« DROIT DE RÉPONSE FABRICE LE QUINTREC
Vendredi, 7 Mai, 1999, L’humanité
Vous avez cru devoir dans votre numéro en date du 7 août 1998, me mettre en cause à propos des revues de presse que j’ai présentées sur France-Inter les 3, 4 et 5 août 1998. Conformément à l’article 13 de la loi sur la presse de 1881, je vous prie de bien vouloir insérer la présente à titre de droit de réponse. Vous prétendez que je cite  » effectivement volontiers les journaux d’extrême droite  » dans mes revues de presse. Citation ne veut pas dire approbation ; occultation n’est pas synonyme d’information.
On me reproche une citation (une seule !) extraite de Présent faite à l’antenne de France-Inter le 5 août. Cette citation, la voici :  » Quant au journal Présent, il va plus loin en disant que les médias avaient purement et simplement inventé cette intervention du pape  » (en faveur des sans-papiers occupant la nonciature apostolique). Sur cette affaire, comme sur les autres grands dossiers de l’actualité du moment, j’ai fait état des prises de position et des opinions les plus diverses. La place des publications considérées comme liées au Front national y était infinitésimale : cette phrase tenait en 6 secondes alors que je me suis exprimé au micro pendant plus de 38 minutes et que j’ai cité l’Humanité à une dizaine de reprises.
Le pluralisme est non seulement un choix personnel, c’est une obligation de service public. Son interprétation restrictive est semée d’embûches.
Quand un journaliste cite largement, dans ses revues de presse, comme c’est mon cas et comme c’est normal, des journaux de gauche ou d’extrême gauche, il a tout à fait le droit et même le devoir, de montrer qu’il existe d’autres manières de voir les choses. Le fait d’édulcorer la diversité et la complexité des opinions, de s’autocensurer ou de tenir un langage convenu ne contribue ni à l’information pleine et entière du public, ni à l’accomplissement de la mission du journaliste. Tout organe de presse qui n’est pas interdit par les lois de la République ne peut pas, ne doit pas l’être par le service public de la radiodiffusion. La liberté d’expression est une et indivisible.
Fabrice Le Quintrec » https://www.humanite.fr/node/206924

 » À partir de 1991 et jusqu’en 1998, Fabrice Le Quintrec effectue principalement un travail de « desk » à France Inter, en qualité de présentateur de journaux et de revues de presse, activité qu’il pratique sans œillères ni autocensure. Sa propension à ne pas respecter l’omerta sur les publications d’extrême droite et à les inclure parfois dans ses revues matinales lui vaut l’hostilité croissante de ses « confrères », alors même que, symétriquement, il cite très largement la presse d’extrême gauche, ce qui ne pose aucun problème. Il est mis au placard en août 1998 et n’en sortira qu’en janvier 2008, dix longues années d’oisiveté forcée assorties d’un exil lointain : Fabrice Le Quintrec, au début des années 2000 a été directeur de l’Institut franco-japonais à Yokohama, puis attaché culturel à Tokyo. Le 30 mars 1999, condamnation de Radio France par le Conseil des prud’hommes de Paris pour non-fourniture de travail à Fabrice Le Quintrec au cours de la période août 1998 — mars 1999.

Dépêche AFP du 16 avril 1999 rendant compte de plusieurs procès au pénal, visant notamment Jean-François Kahn et Yves de Chaisemartin : La 17ème chambre du tribunal correctionnel de Paris a condamné vendredi les directeurs de Marianne et de France-Soir pour diffamation envers le journaliste Fabrice Le Quintrec, qui avait été sanctionné par la rédaction de France Inter en août 1998 pour avoir cité le quotidien Présent dans une revue de presse. Le tribunal reproche à ces journaux la publication d’ « une rumeur particulièrement détestable, qui ne demandait qu’à prospérer dans un milieu parfois accueillant au conformisme intellectuel ambiant ». La rumeur en question, sur le fondement de laquelle le journaliste s’était vu retirer la revue de presse, accusait M. Le Quintrec d’avoir des opinions proches du Front National, ce qui ne convenait pas à son entourage professionnel. Le tribunal a jugé que la rumeur était infondée, Présent n’ayant été cité qu’ « une seule fois » dans les revues de presse de M. Le Quintrec, en une « seule phrase qui ne comportait ni approbation, ni manifestation d’une opinion quelconque de la part du journaliste » et « s’insérait dans une énumération de très nombreux organes de presse, comme il est de règle pour cet exercice, certains titres étant répétés à plusieurs reprises ».

Le 14 mars 2006, condamnation de Radio France par le tribunal de grande instance de Paris pour avoir remis Fabrice Le Quintrec au placard à l’issue de sa mission Quai d’Orsay au Japon ; extraits des attendus du jugement : « Radio France ( … ) avait la possibilité de respecter et son accord et la convention collective (…) L’ensemble de ces éléments établit le caractère fautif du comportement de Radio France à l’égard de Monsieur Le Quintrec (…) Il est incontestable que la mauvaise volonté et la mauvaise foi manifestées par (Radio France) dans l’exécution de ses obligations crée un préjudice moral certain (à Monsieur Le Quintrec), aggravé au fur et à mesure des mois et des années qui passent, résultant notamment de l’absence d’exercice effectif de son métier, dont il résulte une mise à l’écart professionnelle de fait »… » https://www.ojim.fr/portraits/fabrice-le-quintrec/



Catégories :France Inter, Jean-François Kahn, L'Humanité, Maljournalisme, Patrice Bertin, Yves de Chaisemartin

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