Qui était Jean-Paul Sartre qui a fondé Libération ?

« Comment Sartre a lancé «Libé» Par Robert Maggiori — 8 juillet 2013. Le philosophe dirigea le journal durant sa première année. » https://next.liberation.fr/culture/2013/07/08/comment-sartre-a-lance-libe_916825

« Je dis des choses qu’on ne dit pas. Quand je fais savoir que Sartre a écrit dans des journaux collaborationnistes. Quand je fais savoir que Simone de Beauvoir a travaillé à Radio Vichy. On me dit vous êtes méchant, vous êtes agressif, ce sont des faits. Quand on nous fait savoir que Sartre s’est évadé du Stalag alors qu’il a été libéré très probablement sur intervention du collaborationniste Pierre Drieu la Rochelle, ce sont des faits, donc je donne des faits. […] Sartre a passé sa vie à détruire Camus. Il a passé sa vie à construire et à faire construire une légende, avec Simone de Beauvoir, avec Jean-Jacques Brochier, et les Temps modernes. » Michel Onfray, Avant Premières, France 2, 14 février 2012

« En octobre 1941, Sartre est affecté au lycée Condorcet sur le poste de professeur de khâgne en remplacement de Ferdinand Alquié. Ce poste était initialement occupé par le professeur Henri Dreyfus-Le Foyer (jusqu’en 1940) évincé en raison de sa qualité de juif. Ce fait révélé en octobre 1997 par Jean Daniel dans un éditorial du Nouvel observateur sera reproché à Sartre. Ingrid Galster se pose la question de la qualité de l’engagement de Sartre et remarque « qu’il l’ait voulu ou non voulu : objectivement, il profitait des lois raciales de Vichy[1]. » Il publie à cette époque plusieurs articles pour la revue Comoedia, fondée le 21 juin 1941 par René Delange, et contrôlée par la Propaganda-Staffel[2]. »[3]

Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir

« En 1943, dans l’année la plus noire de l’Occupation, il fit jouer à Paris Les Mouches. C’est-à-dire qu’il fit très exactement ce que fit Sacha Guitry, donner ses pièces en représentation devant un parterre d’officiers allemands, à cette différence qu’à la Libération Guitry fut arrêté alors que Sartre fit partie du Comité d’épuration, qui décidait quel écrivain avait encore le droit de publier et quel autre devait être banni. André Malraux qui, lui, avait risqué sa vie dans la Résistance, ne se crut pas autorisé pour autant à faire partie de ce tribunal auto-proclamé. »[4]

« Sa cécité ne l’empêchera pas non plus de poursuivre son devoir d’engagement moral qu’il aura tenu jusqu’au bout : quelques interventions politiques, telles que la visite à Andreas Baader, le révolutionnaire allemand emprisonné près de Stuttgart. […] Sartre a également adhéré, avec Simone de Beauvoir, au comité de soutien à l’ayatollah Khomeyni, lorsque celui-ci était reçu en exil à Neauphle-le-Château, opposant principal au régime impérial du Shah[5]. »

« L’URSS se trouve grosso modo située, dans l’équilibre des forces, du côté de celles qui luttent contre les formes d’exploitation de nous connues[6]. »

« La liberté de critique est totale en URSS et le citoyen soviétique améliore sans cesse sa condition au sein d’une société en progression continuelle[7]. »

« Les derniers liens furent brisés, ma vision fut transformée : un anticommuniste est un chien, je ne sors pas de là, je n’en sortirai plus jamais[8]. »

« Et le crime, pour moi, ce n’est pas seulement l’attaque de Budapest par les blindés, c’est qu’elle ait été rendue possible et peut-être nécessaire (du point de vue soviétique évidemment) par douze ans de terreur et d’imbécillité[9]. »

« Abattre un Européen, c’est faire d’une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé ; restent un homme mort et un homme libre[10]. »

« Les Vietnamiens se battent pour tous les hommes, et les forces américaines contre tous[11]. »

« Si la classe ouvrière veut se détacher du Parti (PCF), elle ne dispose que d’un moyen : tomber en poussière[12]. »

« Sartre était un ami du pouvoir. Certes, on n’a jamais vu Sartre chez le général de Gaulle, il l’a traité de tous les noms, il y a des entretiens de Sartre qui viennent de paraître, il parlait de De Gaulle en disant que c’était un fumier, un maquereau, une ordure, il a été insultant, Sartre avec le général de Gaulle. Il n’aurait jamais mis les pieds à l’Elysée, mais en revanche il a été manger avec tous les dictateurs pourvu qu’ils soient de gauche. Quand il s’agissait d’aller serrer la main des chefs d’état soviétiques, de Fidel Castro, d’un président chinois, il y allait, fesses rabattues même on pourrait dire. Il se faisait entretenir, nourri, payé, logé, c’était un ami du pouvoir, Sartre en ce sens[13]. »


[1] Ingrid Galster, Sartre, Vichy et les intellectuels p. 86 sqq.

[2] François-Georges Dreyfus Histoire de Vichy, Fallois, Paris, 2004

[3] http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Paul_Sartre#Guerre_et_engagement

[4] Jean Amadou

[5] Article paru dans le Point de vue de la semaine du 8 au 14 octobre 2003 : « Choisir d’écrire sa vie, c’est aussi la revivre, se souvenir. » Farah

[6] Jean-Paul Sartre et Maurice Merleau-Ponty, Les Temps Modernes, janvier 1950

[7] Jean-Paul Sartre, de retour d’URSS, Libération, 15 juillet 1954

[8] Jean-Paul Sartre, Situations IV, Gallimard, 1961

[9] Jean-Paul Sartre, L’Express, 9 novembre 1956, Après Budapest

[10] Jean-Paul Sartre, préface des Damnés de la terre, Frantz Fanon, Maspero, 1961

[11] Jean-Paul Sartre, Situations VIII, Gallimard, 1971

[12] Jean-Paul Sartre, Les Temps Modernes, 1953.

[13] Michel Onfray, On n’est pas couché, France 2, 17 mars 2012



Catégories :Jean-Paul Sartre, Libération, Parti communiste

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